Films

Under the Skin: Sensualité envoûtante…

Under the Skin. Un film de Jonathan Glazer. USA. 2014. 1h48.

Résumé : Une extraterrestre arrive sur Terre pour séduire des hommes avant de les faire disparaître.

Il arrive parfois sur nos écrans des pellicules “autres”. Délires hallucinés, trips visuels kafkaïens, pensums cauchemardesques, contemplations fantasmagoriques.

Eraserhead en 1977, El topo en 1970, 2001 en 1968, Crash en 1996. Pour les plus connus.

Subconscious cruelty, La vie nouvelle, The saddest music in the world, pour les plus obscurs.

© Film4, FilmNation Entertainment

Quel pari cinématographique que de répondre à la toute puissance de l’image et à sa puissance émotionnelle et suggestive en faisant de l’objet film un spectacle total, une immersion sensorielle et vertigineuse.

Sans rien dévoiler du film, difficile à notre époque de formatage et de pollution visuelle où tout doit être digéré avant d’avoir été avalé, Under the skin est l’histoire d’une femme qui erre et qui fait des rencontres. Point.

Dire qu’il est question de peau, de sol liquide, de fourmillement, d’accouplement transcendant, de forêt et d’humidité ne fera qu’aiguiller le spectateur dans sa soif d’expérience. Il peut être question aussi de différence, de monstruosité, de quête, d’isolement. Rien de bien concis donc, pas d’idées matérielles et palpables au premier abord. Par contre nous trouvons des ouvertures à l’interprétation, à la toute puissance de l’imaginaire. Un imaginaire tortueux, dérangeant, à l’instar de la sensualité d’une star qui de par sa nudité interroge l’autre dans sa corporalité. La beauté est-elle monstrueuse ? Et où se cache le monstre ?

Si Under the skin est difficile d’accès, rares sont les films à donner aussi peu d’informations sur le déroulement de l’intrigue, sa beauté plastique et l’absolue maîtrise du cadrage et du montage, sans parler d’une bande son frôlant la perfection, en font une œuvre ovniesque, magique. L’introduction à cet égard est fascinante. Le reste est à l’avenant. Avec un plan final foudroyant.

Le troisième film de Jonathan Glazer nécessite d’avoir les pupilles grandes ouvertes et les sens en émoi afin d’accéder à ce qui se cache sous ses images. Car sous la peau se trouve l’être. Qui voyage et qui cherche. N’est-ce pas le but du cinéma et de toute forme d’art ?

Denis Baron

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